
Trees & Life Sénégal vise à apporter par l'arbre des réponses durables et pérennes aux principaux fléaux qui touchent les villages sénégalais: la désertification, l’exode rural et l’insécurité alimentaire.
Le projet se situe en Haute Casamance, dans le département de Vélingara, un des trois départements de la région de Kolda. La Haute-Casamance est la région la plus pauvre et la moins concernée par l’aide internationale du Sénégal. Ancien grenier agricole, la Haute Casamance est aujourd’hui enclavée. Elle reste l'une des rares zones dotées de massifs forestiers intacts mais dont l'état se dégrade de jours en jours.
Le projet initié en 2008 avec l'ONG Mozdahir Développement, vise :

Le type d'arbres, leurs utilisations, et l'aménagement des plantations sont choisis suite à une concertation villageoise et un diagnostic des besoins locaux, appuyé par l'expertise technique et scientifique des partenaires du projet.
Le principe est d'équiper les villages en pépinières et d'impliquer les villageois dans la reforestation en leur fournissant les semences, les gaines, et les intrants. En échange, les villageois fournissent la main d'oeuvre pour la plantation et se chargent du suivi des arbres une fois en terre : c'est le principe de reboisement participatif.
En contrepartie de la production des plants en pépinières, de la plantation et du suivi des arbres sur toute leur durée de vie, les villageois sont « gratifiés » par tranches successives selon un système non monétaire qui permet de stimuler leur implication et leur appropriation du projet. Cette "gratification" récompense la collectivité et non l'individu.
[ en savoir plus ]
L’approche inspirée du Projet de Gestion Intégrée des Ecosystèmes au Sénégal (PGIES) et développée par Trees & Life, consiste à regrouper plusieurs villages au sein d’une unité de gestion communautaire ayant pour objectif la gestion participative du fragment forestier partagé entre les villages, qui s'étend en moyenne sur 15 000 hectares.
La forêt ainsi gérée devient éligible au statut de Réserve Naturelle Communautaire ou RNC, qui concède aux communautés locales l’usufruit des services et produits de la forêt. La RNC est une délibération de l’usage des terres par le conseil rural au profit d'un groupe de villages, appuyée par le sous-préfet. Ce n’est pas un titre de propriété mais cela donne un droit de propriété sur tous les produits de la terre, et tant que le plan de gestion est respecté, ce droit ne peut être retiré.
La création d'une RNC repose sur la résolution des comportements préjudiciables pour l'environnement: clarifier les droits de propriété en les confiant aux communautés rurales et promouvoir des activités alternatives durables pour diminuer les pressions anthropiques sur les forêts.
[ en savoir plus ]
Différents aménagements, des cordons pierreux jusqu'aux barrages de sable, sont construits avec les villageois afin de pouvoir récolter un maximum d'eau pour éviter qu'elle ne s'échappe (stockage) et pour ensuite la réinjecter dans le sol (infiltration). Des études de faisabilité avec des associations spécialisées dans la mise en oeuvre de ces aménagements sont en cours.
[ en savoir plus ]
Le projet impactera directement 90 villages de 6 communautés rurales du département de Vélingara en Haute Casamance, ce qui représente plus de 130 000 personnes.
[ en savoir plus ]
Les bénéfices attendus sur le bien-être des populations locales permettront non seulement de relancer l’activité économique locale et d’endiguer l’exode rural, mais aussi d’augmenter l’autonomie alimentaire des villages sénégalais via la mise en place de filières économiques à partir des arbres plantés.
Les villageois, redevenus propriétaires de leurs forêts, la protègeront mieux et la valoriseront. Sur le plan environnemental, les zones protégées constitueront un rempart contre la désertification et contribueront à réguler le climat local à court terme (3 à 5 ans), puis à améliorer le climat mondial à long terme (10-15 ans).
En savoir plus sur : La plantation de 20 millions d'arbres utiles
La plantation d’arbres répondant point par point aux besoins des villageois en périphérie des forêts et dans les villages, contribuera à fixer et enrichir les sols, produire des fruits et du miel, délimiter les terres, produire de l'huile végétale utilisable comme carburant propre, multiplier les points d’ombre, etc.
250 000 arbres seront plantés en 3 ans dans chaque village.
La construction de 6 pépinières centrales et l'appui à un réseau de 60 pépinières villageoises existantes gérées par les femmes, permettront d'amorcer les outils de production nécessaires pour une reforestation villageoise à terme autonome.
Ces aménagements seront exploités de façon durable et les filières correspondant à chaque production (transformation de fruits, apiculture, tri de la gomme arabique, etc.) seront renforcées. Les villageois(ses) de chaque village seront formé(e)s à la gestion d'une exploitation.
Un sondage du taux de survie des arbres par village est réalisé après 1 an puis 3 ans, et une récompense collective est attribuée au village dont le taux de survie des arbres est le plus fort. C'est le système de garantie des arbres plantés choisi par Trees & Life Sénégal.
Le droit d'accès à la mécanisation agricole, jusqu'à présent inaccessible aux villageois concernés par le projet, l'ouverture d'un grenier villageois, ou encore le financement de moulins à mil, de motopompes, et de médicaments sont des systèmes de récompense qui sont proposés aux villageois. En complément, des « primes équivalent nature » qui consistent à gratifier le villageois via la fourniture de ruches ou de matériel pour l'élevage de pintades, sont mises en place pour la première année de plantation.
Cette approche testée avec succès par le Programme de Gestion Intégrée des Ecosystèmes Sénégalais (PGIES) dans le parc du Niokolokoba depuis 2002, permet aux populations villageoises de s'approprier les plantations d'arbres à court terme ET dans une dynamique long terme.
A l'issue du projet, il est attendu que les populations villageoises aient perçu les bénéfices de la plantation d’arbres et prolongent les activités du projet spontanément, avec éventuellement l’assistance plus sporadique des services publiques. Le développement de filières en parallèle du projet de plantation est essentiel pour inciter cette dynamique dans la durée.
![]()
En savoir plus sur : La création de 100 000 hectares de forêts gérées communautaires
La création d'une RNC consiste à:
1/ Donner un statut juridique aux forêts
Par une procédure juridique établie et reconnue par l'Etat, les terres forestières sont délibérées et les villageois obtiennent le droit d'usufruit sur ces terres forestières. C'est le levier de la ré-appropriation des ressources naturelles au sein des villages. Trees & Life Sénégal accompagne la création des RNC en plusieurs étapes :
- la délibération des terres par l'intermédiaire de réunions entre les communautés rurales;
- le diagnostic de la zone et la délimitation de la forêt par la réalisation de cartographies, de monographies des villages concernés, et d'inventaires forestiers;
- la mise en place de comités intervillageois à qui le droit de propriété de la forêt sera confié;
- la rédaction du plan d'aménagement durable de la forêt;
- les procédures juridiques pour acquérir le droit de propriété et le statut de RNC.
2/ Agir sur les leviers de la déforestation
Les principaux leviers de la déforestation au Sénégal sont: le charbonnage non durable, l'agriculture et les feux de brousse (Bellassen et al., 2009). Le programme de création des RNC de Trees & Life Sénégal permet:
- aux braconniers de se former pour devenir éco-gardes dans les RNC;
- l'intensification de l'agriculture villageoise, grâce à l'acquisition de machines agricoles, de moulins à mil, et de motopompes;
- la promotion et la diffusion de foyers améliorés permettant un gain d'au moins 30% de la consommation en bois;
- la mise en place d'un programme de lutte contre les feux de brousse via la création et l'entretien de pare-feux dans chaque RNC;
- la sensibilisation des écoliers permettant l'éveil des générations futures à la sauvegarde de l'environnement, et de la forêt en particulier : des opérations de sensibilisation sont organisées dans les 100 écoles des villages concernés par le projet;
- le renforcement des compétences villageoises par la formation permettant la mise en place de filières économiques issues des arbres plantés et le développement de l'entreprenariat social;
- l'introduction de techniques de carbonisation villageoise durables.
3/ Créer et développer des activités économiques durables
La protection de la forêt a un coût d'opportunité pour les villageois. Pour combler ce "manque à gagner" des populations locales, un réseau de mutuelles de micro-crédit est mis en place, afin de financer la création et le développement d'activités environnementalement responsables. Pour avoir accès au micro-crédit, le promoteur d'un projet doit justifier le fait que l'activité est bénéfique pour l'environnement ou qu'elle n'est pas à l'origine de la dégradation de l'environnement. Ces mutuelles s'appuieront sur le réseau existant des mutuelles environnementales du PGIES (9 mutuelles dans 4 éco-régions du Sénégal). Un fonds de roulement est injecté à l'ouverture de la mutuelle, il sera entretenu avec les revenus provenant des produits et des services issus des arbres plantés (ex : crédit carbone) les autres années.
La finance carbone pour le carbone séquestré par les arbres et le "carbone évité" par les actions de protection des forêts existantes qui auraient été déforestées si le projet n'avait pas été mis en place, est appliquée à la plantation des 20 millions d'arbres et à la protection des 100 000 hectares de forêts existantes. Les relevés terrain effectués dans plusieurs forêts caractéristiques de Haute-Casamance montrent que le contenu moyen en carbone des forêts avoisine 260 tonnes de CO2 par hectare, dont 74 tonnes dans la biomasse aérienne (30%) et 186 tonnes dans le sol (70%).
Un schéma de redistribution vertueux des revenus issus de cette finance carbone est en cours de réflexion dans l'objectif de :
- « monétariser » un des services environnementaux de la forêt et d'en faire bénéficier les communautés locales qui en vivent, qui la protègent, et qui la régénèrent. Une gouvernance type « Trust » est envisagée.
- permettre la démultiplication des activités de Trees & Life Sénégal dans d'autres villages et d'autres sous-régions grâce à une part dédiée des revenus carbone. Une gouvernance type « Fonds de démultiplication » est envisagée.
![]()
En savoir plus sur : La récolte des eaux de pluies
Le réchauffement climatique n'est pas exactement le bon mot pour caractériser l'évolution du climat actuel, celle-ci ne se traduisant pas exclusivement par une augmentation des températures. Dérèglement climatique semble être un terme plus approprié. Par exemple, depuis le mois de juin 2009, des pluies diluviennes se sont abattues sur une majeure partie de l’Afrique de l’Ouest, zone où l'eau est habituellement rare. Les conditions de vie précaires, les problèmes d’urbanisme, l’absence de canaux d’irrigation, ont rendu la situation encore plus catastrophique et ont engendré de nombreux morts et dégâts techniques.
Pour sortir du « tout ou rien » destructeur concernant l'eau, une des solutions semble être de récolter l'eau de pluie, de la conserver, de l'utiliser au cours de l'année, et de la réinjecter dans le sol. Par l'écoulement et l'évaporation, les pertes en eau sont élevées dans la plupart des pays du Sahel. Au lieu d'être utilisée par l'homme ou la nature (sol), l'eau se jette dans les rivières, puis dans les mers.
En savoir plus sur : Bénéficiaires
Les 6 communautés rurales concernées par le projet sont : Saré Coly Salé, Sinthiang Koundara, Linkering, Néma Taba, Wassadou, et Bokonto. Les régions visées sont des zones rurales caractérisées par un développement lent voire stagnant, en dépit des réels besoins du pays en produits de la terre. La population est constituée à 99% de ménages ruraux dont 70% sont considérés comme vulnérables (≤ 250 000 FCFA/an). 20% de la population ne dispose d’aucun accès à l’électricité, plus de 40% sont en manque d'eau, et plus de 84% des enfants de moins de 5 ans sont anémiés.